Brassens Not Dead / Heyoka / Les Ramoneurs De Menhirs - St-Marcel (71) - 31/10/2009


Epée TourPetit événement personnel en ce samedi 31 octobre : un concert pas loin de chez moi d'Heyoka, groupe majeur de la scène punk des années 90 fraîchement reformé et que je vénérais lorsque j'étais adolescent. J'avais en plus un petit faible pour la chanteuse (la blonde) qui était grave canon. De plus elle dégageait une aura sur scène avec un charisme monstre et je l'avais vu complètement raide défoncée dormir par terre dehors en 96 ou 97 après son concert au festival Punk Sur Seine (la 1ère ou le 2ème édition je ne me rappel plus) de Ris-Orangis. La femme parfaite quoi ! Ma présence à ce concert est donc dangereuse. Le mythe va t-il tomber près de 15 ans après ? Réponse plus loin dans ce live report.

En attendant nous arrivons sur place avec mon crew aux alentours de 19h30 et les balances ne sont pas encore terminées. La présence dehors de vieux camtards, de packs de bières éventrées, de canettes vides, de chiens errants et de nombreuses crêtes, ceintures et perfecto/veste en jean à clou annonce la couleur : nous allons avoir droit à un bon vieux concert keupon de derrière les fagots. Forcément avec un vieux groupe anarcho-punk qui se reforme et la présence de Laurent, ex-guitariste des Béruriers Noirs dans Les Ramoneurs De Menhirs, ça ne pouvait pas être autrement. Juste le temps pour nous de boire un coup et de se démener pour avoir un kébab, enfin surtout Alice et Cécilia, moi j'ai été servis très rapidement et j'avais déjà fini le mien depuis un petit bout de temps lorsqu'elles purent enfin attaquer le leur, et l'accès à la salle est autorisé.

Un petit détour rapide aux stands et la soirée commence avec Les Punaises, groupe parisien féminin de yéyé-punk. Sympa deux minutes puis le chant horriblement faux (n'est pas Didier WAMPAS qui veux) de la chanteuse m'a vite cassé les oreilles m'obligeant à me replier vers le bar pour m'enfiler un... coca ! Et oui j'ai récemment décidé de faire une pause à durée indéterminée avec l'alcool. Mais ça c'est une autre histoire que je vous raconterais peut-être un jour lorsque punk-tofs ouvrira une rubrique Potins & Journal Intime donc pas avant 2076...

Chaos 83, groupe originaire de Boulogne/Mer, prend le relais et nous balance sa oï. Ca commence à brasser devant et ça à l'air de plaire au public. Pour ma part j'ai trouvé ça assez bizarre car, comme me l'a fait remarqué à juste titre Julien, je n'avais jamais entendu un groupe évoluant dans ce registre chanter avec un chant guttural façon métal. Cependant, moi qui n'aime pas ce type de chant d'habitude, je trouve que ça passe plutôt bien et que ça ne dénote pas tant que ça avec la zik du combo en fait. Je n'irais pas écouter ça sur disque mais ça passe relativement bien en concert.

Le troisième groupe à investir la scène est un groupe au concept original. Brassens Not Dead à décidé de reprendre à la sauce punk des morceaux de Georges Brassens. Un mélange de deux genres différents qui donne un résultat détonnant où les morceaux originaux sont difficilement reconnaissables. En même temps, à part quelques exceptions, ils ne jouent pas les morceaux les plus connus de l'anarchiste moustachu. En tout cas les gars ont de l'énergie à revendre et se dépensent sur scène, énergie qui semble être communicative avec le public qui gesticule ce qu'il peut dans la fosse qui commença à devenir bien humide et bien odorante...

Vient ensuite enfin l'heure pour Heyoka de monter sur scène. Mon coeur se mit à battre un peu plus fort dans l'attente du verdict... Premier constat la chanteuse n'est plus aussi jolie ! Ou alors mes goûts en matière de gent féminine ont changés en 15 ans. Par contre l'aura et le charisme sont toujours là et sa voix est toujours aussi magnifique. Les morceaux du combo eux n'ont pas pris une ride. Dès les premiers accords des frissons me parcourent l'échine et les souvenirs lointains de mon adolescence insouciante remontent à la surface. Le line-up est légèrement différent (la deuxième chanteuse n'est plus là par exemple) et les autres membres ont également pris un coup de vieux je rassure la chanteuse ! Le bassiste lui a du faire pas mal de muscu entre la séparation et la reformation car il n'était pas aussi sculpté dans mes souvenirs (ni dans les photos du livret de l'album qui sont plus fiables ces derniers). Les tubes de l'unique album des dijonnais sont joués les uns après les autres et l'on a même eu le droit à Amnésie, le morceau qui les a fait connaître et qui était sur la compile Dites-Le Avec Des Fleurs (la meilleur compile punk des années 90 qui a également fait connaître Zabriskie Point et Les Perfusés notamment). Un très bon set rythmés et enjoués qui a comblé le public qui fût en transe du début à la fin du set. Putain c'était bon !

Et la soirée nostalgie n'est pas terminée ! En effet c'est aux Ramoneurs De Menhirs que revient l'honneur de clôturer cette soirée. Certes ce groupe est un groupe dont la formation est récente alors pourquoi parler de nostalgie à son évocation ? Tout simplement parcequ'il compte parmi ses membres Laurent ex-guitariste des Béruriers Noirs. Et quoiqu'il fasse il sera toujours aux yeux des gens le guitariste des Bérus.  Quand on a joué dans le LE groupe punk français c'est comme ça et rien ne pourra faire qu'il en soit autrement. D'ailleurs Les Ramoneurs De Menhirs auraient-ils autant de succès s'il n'en faisait pas parti ? Je n'en suis pas certain. Même si ce groupe est génial, qu'il ont sorti un album terrible et qu'ils assurent sur scène, je ne pense pas qu'ils tourneraient autant sans Laurent Béru. Le public s'était donc massé en nombre dans la fosse pour voir les Bretons souffler dans leurs bignous et leurs bombardes. Bizarrement ça ne sonne pas du tout pareil en live que sur l'album. J'ai vraiment eu l'impression d'entendre les bérus mais en breton quoi. Sûrement l'effet boîte à rythme et le fait que Laurent à exactement le même son de gratte qu'à l'époque. C'est donc fort logiquement que Laurent gratifia le public de quelques morceaux béruriens. Vive Le Feu, présente sur l'album des Ramoneurs De Menhirs, Hélène Et Le Sang ou encore Vivre Libre Ou Mourir pour le plus grand bonheur du public et du mien également.


Rédacteur : Cortex


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