Yuka / Les Skalopes / 8°6 Crew - Dijon (21) Les Tanneries - 14/11/2009


Après Heyoka il y a 15 jours, c'est encore à un concert de reformation auquel j'ai assisté samedi soir. En l'occurrence celle de 8°6 Crew, gang de Paris qui avait sorti dans les années 90 un des meilleurs album ska two-tone de la décennie (et chroniqué sur ce site) : Bad Bad Reggae. Ca me fait chier d'ailleurs toutes ses reformations auxquelles je suis content d'assister en me disant « putain qu'est-ce que j'ai pu écouter leur(s) skeud(s) à l'époque » ou encore « j'me souviens de leur concert en 1998 au festival machin c'était de la balle », preuve supplémentaire que je suis passé du côté obscur de la force et que je suis maintenant un vieux con…

Passons sur ce détail déprimant (et qui t'arrivera aussi alors je serais toi je ne rigolerai pas !) et concentrons nous sur ce concert qui a lieu dans le mythique squat dijonnais des Tanneries. Quinze ans que j'entends parler de ce lieu, j'étais donc assez curieux de le découvrir et il correspond assez à l'idée que je m'en faisais : un lieu « ouvert » où l'on peux rentrer avec sa propre picole sans problème (ce que je n'ai pas fait bien sûr étant donné que je ne bois plus) même si c'est un peu con au vu des prix plus que raisonnable proposés au bar (1,5 € la roteuse et 1 € le soda), avec des canapés pour se poser ou cuver à la fin du concert, ce que beaucoup de gens on fait (voir même avant la fin pour certain(e)s, n'est-ce pas Guismo ?), et un décor très « destroy ».

Après avoir discuté avec la sœur de ma copine et son espèce de punk de mec, qui était déjà bien éméché, avec qui on avais rendez-vous, le concert commence avec Yuka, groupe de oï antifa. Bah oui l'amalgame skin = facho étant très souvent fait, les skins sont obligés de s'afficher antifa. Il faut quand même rappeler qu'un skin n'est pas raciste mais que le mouvement a été récupéré et détourné par une branche de gros cons et que les gens mal informé croient malheureusement qu'ils sont tous facho. Pauvre France… Le combo nous a donc servi une oï classique avec les traditionnels textes sur l'unité, le respect et la tolérance. Ca ma fait un peu penser à Ethylic System notamment à cause du chant double féminin/masculin. Rien de bien original donc et n'étant pas trop fan de ce style de musique, j'ai passé la plupart de leur set à discuter et à surveiller ce que faisait les français à Croke Park.

Je me suis rapproché de la scène à l'entame du set des Skalopes. Ce groupe tourne depuis un petit moment maintenant et cela se ressent sur scène. Ils nous ont servis leur ska-punk survitaminé avec une énergie communicative et un plaisir apparent. Dans la fosse c'était le délire dans tous les sens du terme, entre les gens déchaînés parcequ'ils étaient à fond et les éternels cons qui confondent le pogo avec un concours de bites où il faut montrer sa virilité en étant le plus méchant et le plus violent. Quelle bande de connards ces mecs, ils n'ont pas compris qu'ils font chier tout le monde y compris le groupe lorsqu'ils montent faire leurs conneries sur scène (ce que n'a pas manqué de faire remarquer à plusieurs reprise la saxophoniste au plus con de ces cons). Et je ne parlerai pas des bouffons qui fument en n'ayant rien à foutre de brûler tout le monde au passage. Comment ? Ah oui j'avais oublié qu'un punk c'était respectueux d'autrui pardon (n'est-ce pas les pétasses qui étaient installées sur leurs tabourets de bar en plein milieu du passage entre l'entrée et la scène et qui n'ont fait chier personne) ! La connerie humaine est vraiment partout même là où elle n'est pas censée être, après tu te demanderas pourquoi j'aime pas les gens… Enfin bref, à part ça le set du combo a vraiment été de très bonne facture et plaisant à voir et à entendre.

La salle était pleine à craquer lorsque 8°6 Crew plaque ses premiers accords. D'entrée le public est en délire et les tubes s'enchaînent. Le chanteur à une réverb horrible sur les premiers morceaux qui du coup sont plus que moyen. Je sort mon appareil photo pour mitrailler un peu mais ce ne fût pas facile au vu de l'ambiance. Je me suis donc posé dans un coin de la scène pour être tranquille. Enfin tranquille c'est un bien grand mot, car entre les « bousculés » du premier rang que je me prenais sur la gueule et le travail de roadie que je faisais pour le saxophoniste en lui replaçant bien son retour que les excités du premier rang n'arrêtais pas d'envoyer valser, j'ai du m'employer pour réussir quelques clichés potables. Ce fût tout de même bon de réentendre live les tubes de Bad Bad Reggae, même si j'ai trouvé que l'ensemble manquait un peu de pêche et que les morceaux était un poil mous. En tout cas cela n'a pas empêché le public de manifester et crier son contentement de voir le groupe reformé et vivant. Moi non plus ceci dit et je dis vivement un nouvel album.


Rédacteur : Cortex



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