A Wilhem Scream - A Wilhem Scream


A Wilhelm Scream est rentré dans ma vie comme une tornade. Une tornade nommée Jaws 3-People 0. Un de ces morceaux qu'on reçoit en pleine gueule, qui nous prend de court, qui va trop vite, qui contient trop de choses. On n'a pas tout saisi, pas tout compris. Et c'est bon, putain, que c'est bon. Le groupe californien a cela de particulier qu'il allie une force mélodique incroyable, un tempo des plus élevés, et une technicité hors pair. C'est (relativement) assez rare dans le punk-rock pour être signalé : c'est gars sont de talentueux musiciens. Et qu'ils mettent leur technique au service de la mélodie, et non de leur ego.
               
Ceci étant dit, les voici qui sortent un nouvel EP 5-titres éponyme, qui fait suite au donc très bon Career Suicide, parut en 2007. J'avais beaucoup d'appréhensions. Le genre si particulier du combo est très casse-gueule, naviguant en permanence aux frontières du « trop technique » ou du « trop mélodique ». Les deux premiers morceaux, Australias et Every Great Story Has a Shower Scene nous permettent de reprendre nos marques. On est là en terrain connu, sans trop de surprise : bien que d'excellente facture et largement au dessus du lot, ces morceaux sont assez peu marquants par rapport à ce à quoi le groupe nous avait habitué. Peut-être un manque de mélodies-qui-tuent. Reste que les ingrédients ayant fait le succès musical des précédents disques sont là : vitesse, changements de tempo qui font lâcher un « what the fuck ? » amusé (dans le bon sens) à chaque fois, guitare bavarde, et une basse qui fait sa vie comme une grande sans avoir besoin de coller aux grattes. Du bon, mais peut mieux faire.

Vient ensuite Fun Time, et là… c'est le drame. La chanson est molle, sans relief et sans idées. On s'ennuie, pour tout dire. Et ils en ont fait un clip… Connaissant le groupe, ça ne peut pas être une tentative commerciale (le précédent opus s'ouvrait par « je me torche le cul avec le showbiz »), c'est donc une nouvelle direction musicale. Et c'est si loin de ce qu'il fait de mieux… Reste toujours le texte, nostalgique à souhait, qui mérite de l'attention. Après cette déception, on serre les fesses pour la suite, et on se détend de suite ! On revient en terrain connu avec Bulletproof Tiger. Mais le morceau est toujours aussi « peu marquant » que les deux premiers. On approche de la fin du disque et on reste toujours sur notre faim.

Dernière chanson, Skid Rock avait intérêt à relever le niveau pour sauver le skeud de la banalité. Défis remporté haut la main. Le riff de basse d'intro nous claque vigoureusement la joue, comme pour nous dire « ah ah, vous y avez cru ? ».  S'enchaîne un solo qui ENFIN, nous fait nous lever de notre fauteuil pour faire du air guitar. La suite est du même acabit, des mélodies qui restent en tête et des cavalcades rythmiques, pour finir par une outro plus calme, plus fine, avec une ligne de basse à tomber par terre. Pour changer.

Pour conclure, un EP en demi teinte, avec une seule franche réussite et une seule franche déception. Attendons le prochain album pour un vrai verdict quand à l'avenir du groupe. Peut-être juste que A Wilhelm Scream, c'est comme Stephen King : de purs génies, mais le format court n'est pas leur spécialité.


Tracklist :

1.  Australias
2.  Every Great Story Has a Shower Scene
3.  Fun Time
4.  Bulletproof Tiger
5.  Skid Rock
Note : 2,5/5
Année : 2009
Label : Paper + Plastick
Rédacteur : Marc - 12 janvier 2010


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