Nine Eleven - City Of Quartz


Cliquez pour agrandir l'imageMonstrueux. C'est le premier mot qui me vient à l'esprit à l'écoute du deuxième album de Nine Eleven. Tout simplement. L'évolution du groupe est incroyable depuis leur premier disque, que j'avais beaucoup aimé, mais qui n'était pas exempt de quelques défauts. Lesquels ont été corrigés un à un, avec pour résultat ce chef-d'œuvre qu'est City Of Quartz, une coproduction Guerilla Asso et Don't Trust The Hype.

Premièrement, la production. Passable auparavant, elle rend ici hommage à la puissance dégagée par le combo. Sans avoir changé de son, les riffs de guitares sont mieux audibles, la batterie moins étouffante, la basse plus précise, et surtout, le chant est débarrassé de sa texture "métallique" (difficile de trouve le mot adéquat) qui pénalisait la première galette. Excellent travail du Loko Studio. Ensuite, la voix. Avant, on avait un chant crié à la manière de Comeback Kid, gâché par un exécrable accent français. Dorénavant, c'est du screaming à 85%. Romain, le nouveau chanteur, est impressionnant. Capable aussi de donner dans la mélodie (The Story Of Our Life), il sait surtout pousser son organe à la limite de la rupture, comme sur les hurlements toujours plus aigues de Sen. Bluffant. Enfin, le manque de variété. Les vieux morceaux, bien que bons, tournaient finalement un peu en rond. Sur ce nouveau skeud, les écarts de durées vont de 2 minutes à presque six. Chaque chanson a son identité propre, fait ressentir des choses différentes ; on se ballade entre mosh parts, passages ultra speeds ou beaucoup plus lents, d'autre monumentalement groovy (In Bed With Madonna). On se surprend à faire du two-step seul chez soi comme un idiot. Ce qui frappe, c'est la finesse qu'arrive à apporter le groupe à sa musique, qui n'est à la base pas bien subtile. Changements de rythme, arpèges, modulation à l'aide d'effets sont au rendez-vous (Panem Et Circensens), ce qui est surprenant pour du HxC new-school. Et le mieux dans l'histoire, c'est qu'ils arrivent à reproduire en concert de façon très convainquant ces passages complexes où s'entremêlent parfois jusqu'à 4 guitares.

Cerise sur le gâteau, l'artwork du digipack est magnifique, et les paroles sont plus qu'intéressantes : malgré quelques emprunts assumés (à Nirvana ou Lunatic, par exemple), elles restent très réfléchies, entre critique sociale et gueulante bien sentie envers les petites "stars" du hardcore. Mais pour les lire, il faudra être courageux, le livret étant proprement indéchiffrable…

N'ayant strictement rien à envier aux mastodontes de l'autre côté de l'Atlantique, Nine Eleven représente un point culminant dans le paysage musical français. Et, comme d'habitude, je ne peux que vous recommander d'aller les voir en concert, pour leur talent, pour leur humilité. Tout simplement monstrueux.


Tracklist :

  1.  City Of Quartz
  2.  The new shame of punk to come
  3.  Take to remake
  4.  Panem et Circensens
  5.  Modern Soap Movie
  6.  The quick and the dead
  7.  White trash kids = redneck geeks
  8.  Sen
  9.  In bed with Madonna
10.  The Story Of Our Life
Note : 4,5/5
Année : 2009
Label : Guerilla Asso / Don't Trust The Hype / I For Us Records / Customcore Records
Rédacteur : Marc - 29 mars 2010


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