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Guerilla Asso à eu une actualité chargée en 2011 avec les sorties des albums de Miss America, Nina'School, The Sainte Catherines, Maladroit, Charly Fiasco, Justin(e), P.O. Box et Personne entre autres.. Cette activité débordante m'a donné envie de mettre en avant le célèbre label parisien. J'ai donc envoyé quelques questions par mail à Till, fondateur et gérant du label. Voici ses réponses à mes questions.
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| Quand à débutée l'aventure Guerilla Asso ? |
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L'asso existe depuis 2003-2004, au début on était juste quelques potes qui se sont fédérés pour organiser des concerts à Paris. Avec le temps, et l'éloignement de ces autres personnes ça s'est transformé en label et en distro.
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| Qu'est-ce qui t'a donné envie de te lancer dans la création d'un label ? |
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Ça s'est fait naturellement, la scène "punk" fonctionne comme ça depuis longtemps. Il ne s'agit pas que de faire de la musique. Quand j'étais gamin j'ai vu comment ça se passait, tout le monde faisait des fanzines, des labels diy, des collectifs… Les groupes sortaient leurs disques eux même plutôt que d'aller chercher des labels. J'ai toujours fait ça depuis que je fais de la musique… Comme je te disais ça s'est fait progressivement, Guerilla Asso n'a même pas été créée pour être un label à la base, la 1ère prod c'est une compile qu'on a faite sans même imaginer faire forcement un label. Ce qui a fait que le label est devenu très prolifique c'est qu'on a vendu beaucoup de disque avec Guerilla Poubelle, mon groupe, et qu'on a eu pas mal de thunes pour aider les copains qui n'avaient pas les moyens de presser leurs disques… Au début c'était surtout une façon de filer un coup de main aux groupes avec qui on s'entendait bien.
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| Comme se passe la gestion au quotidien ? Combien de personnes bossent avec toi ? |
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Aujourd'hui je suis seul à m'occuper du label. Alexis de Foolish file un bon coup de main pour la promo, il écrit aux zines pour leur parler des nouvelles prods, il fait du suivi pour collecter les chroniques, etc… C'est quelque chose que je ne faisais pas avant, par manque de temps et de motivation. Du coté des concerts, ces derniers temps, j'organise tous les concerts avec Seb de Lords Of The Pint et du webzine Punkfiction. Notre pote Anto nous file un coup de main à chaque fois pour gérer la sono. À part ça je m'occupe de tout le reste tout seul, de chez moi, je prépare les commandes le matin et je passe à la poste chaque jour avant d'aller au boulot. J'organise tant bien que mal mon temps entre ça et le boulot, les tournées, les répètes, les sorties.
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| Comment se fait la sélection des groupes que tu sors ? |
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Comme je te disais tout à l'heure c'est surtout une question d'amitié et de rencontres. Je sors beaucoup, je fais beaucoup de concert, je reste très curieux et j'écoute beaucoup de musique sur internet, je découvre des nouveaux groupes cools chaque semaine. Ça n'est quasiment jamais arrivé que je sorte un disque sans avoir rencontré le groupe, l'avoir vu sur scène, sans être amis... La proposition vient presque toujours de moi, c'est extrêmement rare que je sorte un disque suite à une sollicitation d'un groupe. On se signe pas de contrat, les groupes sont "payés" en disque, toute leur "part" leur est reversée dès la sortie du disque ! Il n'y a pas d'histoire de thune entre nous, on est quitte dès le début. Ça reste très simple et en total confiance. À la cool !
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| Tu reçois beaucoup de démo de groupes désirant collaborer avec toi ? |
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Oui, j'en reçois toutes les semaines, et on m'en donne presque autant sur les concerts… Pour être franc avec toi, je n'en écoute pas beaucoup. Je n'ai jamais sorti un disque suite à une démo que j'ai reçu… Je ne suis pas un gros label, juste un connard qui claque ses thunes dans des groupes de potes qui déchirent !
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| Les CD que tu sors sont pressés à combien d'exemplaires ? |
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Ça dépends des groupes et des productions, la plupart du temps je presse à 500 exemplaires. Surtout par manque de place pour stocker les cartons de disques, ça arrive de plus en plus qu'on soit obligé de represser 500 disques assez rapidement (Charly Fiasco, P.O. Box, Dolores Riposte, Nina'School, Black Sheep, Nichiel's...).
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| Quelles sont les meilleurs ventes du label ? |
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Guerilla Poubelle évidemment. Ensuite Dolores Riposte et Justin(e), surtout car c'est sorti en co-prod avec Crash Disques. Et puis P.O. Box, Nina'School, Charly Fiasco**… Y'a pas de secret, ce sont les groupes qui tournent le plus !
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| Toutes les sorties sont-elles "rentabilisées" où t'arrive t-il de perdre de l'argent avec certains skeuds ? |
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Non il y a encore pas mal de disques qui ne sont pas rentables. Mais je ne me plains pas, il y en a d'autres qui font rentrer pas mal de pognon dans les caisses ! Il faut voir le truc de façon plus globale, tant qu'il y des thunes sur le compte du label c'est que ça va !
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| Guerilla Asso organise aussi des concerts à Paris et tu joues dans Guerilla Poubelle et Maladroit. Toutes ces activités étant chronophages, il te reste du temps à toi ? |
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Oui j'arrive à m'en sortir, même si je suis souvent complètement débordé. Le temps que j'ai mis à répondre à cette interview en est un bon exemple. J'ai quand même la chance de ne travailler "que" 32 heures par semaine, je peux répondre aux mails de mon boulot quand je n'ai pas de taf (c'est ce que je suis en train de faire en ce moment !!). Et puis tu sais, les sondages disent que les français regardent la télé en moyenne 3h30 par jour ! je n'ai pas de télé, le calcul est vite fait !
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| Pour en revenir au label, les références des disques sont " KYE ". On retrouve également ce sigle sur les nouveaux t-shirt. Qu'est-ce que cela signifie ? |
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La première prod de Guerilla c'était la compilation Kill Your Elite. J'avais pris ces initiales comme référence sans vraiment chercher plus loin. C'est resté depuis.
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| Tu as l'air d'avoir pas mal de connections au Québec (Vulgaires Machins, The Sainte Catherines, Brixton Robbers entre autre). Comment tu en es venu à sortir les disques de ces groupes ? |
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Depuis notre première tournée au Québec avec Guerilla Poubelle en 2005, j'y suis presque retourné 1 à 2 fois par an. J'ai beaucoup d'amis là-bas et il y a beaucoup de groupes vraiment mortels ! Ca s'est fait aussi naturellement qu'avec des groupes français, en général on essaye de caler la sortie du disque avec une tournée française pour ces groupes là.
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| Tes disques sont également disponibles sur "Interpunk" aux Etas-Unis. Ca représente quoi en terme de ventes ? |
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Ça ne représente pas grand-chose. Entre 5 et 10 disques par mois. Même si ça ne rapporte pas d'argent (dollar très faible, frais de port pour leur envoyer le stock...) c'est quand même une bonne visibilité et une disponibilité sur le monde entier.
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| En dehors des groupes présents sur ton label, qu'est-ce que tu écoutes en ce moment ? |
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J'écoute toujours beaucoup de disques, en ce moment je te citerai : Caves, Mixtapes, The Measure, Junior Battles, Décibelles, Prevenge, Rvivr, Brokedowns, Straight A's, Gateway District, etc…
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| Une question un peu plus personnelle pour finir : qu'est-ce qui t'a donné envie de faire de la musique ? Et pourquoi du punk-rock plutôt que du jazz ou du reggae par exemple ? |
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J'ai l'impression d'avoir répondu ça à la moitié de tes questions mais je ne sais pas trop, c'est venu naturellement. Demande à un mec qui fait du jazz, il ne saura pas te répondre non plus.. C'est quelque chose de viscéral, d'évident et de mystérieux à la fois. C'est comme une histoire d'amour, pourquoi cette fille là plutôt qu'une autre ??? Parfois il vaut mieux ne même pas savoir…
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| Le mot de la fin est pour toi. |
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| Merci à toi et longue vie à punk-tofs ! |
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